Trois innovations qui bouleversent l'industrie automobile (et notre vie quotidienne)

Comment la technologie va affecter l’ensemble de l’écosystème automobile : des constructeurs automobiles, aux concessionnaires, jusqu’aux consommateurs.

Nous sommes en train de vivre l’évolution la plus importante et la plus prometteuse de l’industrie automobile.

Fleetback a assisté à la plus importante conférence sur les technologies au monde : Le Web Summit.
Les thèmes principaux ? La mobilité, les voitures électriques, les véhicules autonomes et l’intelligence artificielle.

Nous l’avons dit auparavant, et les conférenciers du Web Summit l’ont tous confirmé : l’industrie automobile ne vit pas une évolution, elle vit une révolution. Il s’agit d’un moment décisif et il est temps de suivre la tendance si vous voulez survivre.

Découvrez les 3 technologies qui bouleversent l’industrie automobile :

1.   Mobilité : la flotte automobile diminuera de 30 %.

Les voitures sont utilisées 4 % du temps.

Cela signifie que dans 96 % des cas les voitures ne sont pas utilisées : elles occupent un espace de stationnement, perdent de la valeur, fuient sur le sol, vous coûtent de l’argent …

Les embouteillages, le trafic, la pollution et le stationnement sont les principaux problèmes qui nous affectent tous et la plupart des villes dans le monde. Une chose à laquelle nous ne pensons pas est le prix que cela coûte de rester coincé dans les embouteillages, non seulement aux conducteurs mais aussi à l’ensemble de l’économie. Les embouteillages coûtent des millions aux villes !

Le covoiturage et les services de mobilité évoluent sans cesse et cela n’est pas près de s’arrêter. Cela aura un impact sur l’environnement en réduisant les problèmes de pollution, de circulation et de stationnement. Les parkings seront utilisées pour répondre à d’autres besoins publics. En fin de compte, même le coût de la vie sera réduit !

Il n’y aura plus de voitures « personnelles ».

L’occupation moyenne des voitures est de 1,2 personnes par voiture. Si nous pouvons augmenter ce chiffre à au moins 1,4, cela pourrait d’ores et déjà réduire considérablement l’utilisation des routes.

Mais un défi auquel nous ne pensons pas nécessairement est l’aspect psychologique et culturel du covoiturage. Par exemple, à Londres, la population a détesté le concept de « Uber Pool ». Paris a même créé une campagne sur le thème « pas besoin de parler aux gens » pour mettre les utilisateurs plus à l’aise.

De nombreux acteurs et plates-formes œuvrent à l’amélioration de l’utilisation et de l’expérience de la conduite automobile : Uber, Truo, Taxify, Lyft, Bird, Car 2 go, Maniv Mobility, ustwo’s, etc.

Mais ce n’est pas quelque-chose de négatif pour les concessionnaires automobiles.

Le fait est que les voitures ne sont pas seulement un outil, elles ont également une valeur émotionnelle pour de nombreuses personnes (voyages en famille, passion, signe de réussite, etc.). Elles ne disparaîtront donc pas complètement mais leur utilisation sera optimisée.

Il y aura à la fois des voitures personnelles et des voitures partagées, ces dernières devenant de plus en plus nombreuses.

Des plate-formes comme Turo vous permettent de mettre votre voiture en location lorsque vous ne l’utilisez pas pour qu’elle vous rapporte même de l’argent ! Alors, pour les passionnés d’automobile, cela peut même vouloir dire que vous pourrez vous acheter le modèle dont vous avez toujours rêvé !

C’est une question d’état d’esprit.

Dans un premier temps, les constructeurs automobiles ont craint les nouveaux acteurs, car ils perturbaient leur marché. Daimler n’a pas fait exception à la règle, mais à présent, ils y voient un défi et des opportunités de collaboration et d’innovation. Volvo a également lancé un tout nouveau concept d’achat et de possession de voiture. (présentation du nouveau concept dans un prochain article.)

François Dossa (à la tête de l’Alliance Ventures de Renault-Nissan-Mitsubishi) a soulevé un point intéressant à propos des risques et des échecs : « Si vous n’avez pas échoué, vous n’avez pas fait votre travail ». Dans la mentalité actuelle du secteur automobile, l’échec n’est pas une option. Mais si vous avez peur d’échouer, vous ne vous améliorerez jamais, ou cela prendra trop de temps. Les marques qui collaborent avec des spécialistes iront bien plus vite que vous.

Tout est question de culture et d’ouverture au changement. Et en fin de compte, c’est l’écosystème tout entier qui tire profit de ces partenariats.

2.   Les voitures autonomes impacteront la vie des gens comme vous n’y aviez pas pensé.

En réduisant l’exclusion

Nous ne réalisons pas que la conduite n’est pas accessible à tout le monde. Les personnes âgées, les personnes handicapées, les personnes qui ont perdu leur permis par exemple, ont du mal à se déplacer. Les transports en commun et les services de mobilité peuvent être source de complications. Les voitures autonomes leur permettront enfin de redevenir mobiles.

La mobilité peut également avoir un impact sur les villes à faible revenu aux États-Unis, par exemple, en permettant aux gens d’accéder à davantage de services, à une meilleure éducation et à des opportunités d’emploi.

En vous offrant plus de temps libre

Les gens pourront optimiser leur temps pour faire ce qui compte vraiment pour eux : être avec leurs proches. Les week-ends de deux jours vous paraîtront beaucoup plus longs : vous pourriez quitter votre domicile la nuit, dormir pendant le voyage, prendre votre petit-déjeuner dans un autre État le lendemain matin et retourner au travail le lundi matin, sans aucun stress.

Et en augmentant la quantité de données

Grâce à l’intelligence artificielle utilisée pour concevoir les voitures autonomes, les acteurs de l’automobile disposeront de plus de données et comprendront donc mieux les consommateurs.

Mais les données constituent l’un des plus grands défis non-évoqué concernant les voitures autonomes. Les voitures autonomes peuvent générer et stocker d’énormes quantités de données, ce qui nécessite de créer des centres de données afin de conserver celles-ci en toute sécurité pendant au moins 15 ans (pour des raisons réglementaires).

La réglementation aura également une incidence sur la date à laquelle une voiture autonome sera autorisée à rouler sur les routes. Comment les gens vont-ils réagir ? C’est une autre question…

3.   Les voitures électriques sont très à la mode, mais nécessitent des améliorations majeures.

Les marques se tournent toutes vers les voitures électriques.

La plupart des marques lancent ou ont récemment lancé leurs modèles de voitures électriques et certaines marques ont pour objectif que celles-ci représentent la moitié de leurs modèles. Même le secteur du sport automobile est en train de modifier son modèle totalement. (Découvrez l’avis de Nico Rosberg et de Lucas Di Grassi sur l’avenir du sport automobile - dans un futur article)

Cependant les gens sont encore sceptiques car certaines incertitudes demeurent : les coûts de la voiture et de l’électricité, la disponibilité des bornes de recharge, la capacité d’autonomie, etc.

De nombreux problèmes ont été résolus.

Dû à la forte concurrentialité du marché, les constructeurs ont considérablement amélioré l’autonomie des voitures. Ils ont également trouvé un moyen de réduire le poids de la batterie pour améliorer les performances de la voiture et réduire le temps de recharge. Mais un problème majeur subsiste …

La course aux bornes de recharge est lancée.

L’un des principaux obstacles à l’achat d’une voiture électrique est la borne de recharge. Il existe 60 000 bornes de recharge pour voitures électriques dans le monde. Si les entreprises étaient bien équipées, 60 % des personnes achèteraient des voitures électriques.

Des bornes de recharge rapide offrant une autonomie de 250 km en 10 minutes, aux bornes de recharge universelles permettant aux utilisateurs de recharger leur voiture n’importe où, aux bornes de recharge sans fil ; la course à la borne de recharge « parfaite » a commencé. Et les résultats de ces innovations toucheront l’ensemble du marché de la voiture électrique.

Alors, les constructeurs automobiles sont-ils capables d’innover assez rapidement ?

Tesla a ouvert les yeux des gens.

L’industrie automobile a plus de 100 ans. Tesla est arrivé et a tout changé, et cela a effrayé tout le monde. Des start-ups voient le jour partout et les constructeurs automobiles essaient de suivre. Mais cela les oblige à innover.

Au cours des 5 dernières années, les constructeurs automobiles et les marques ont investi dans les technologies, noué des partenariats avec des startups et embauché des personnes avec lesquelles ils n’auraient jamais pensé travailler un jour. Mais ils doivent encore faire face à des défis de taille …

Il est indispensable de collaborer.

Fabriquer des voitures est très complexe, même si vous disposez d’un excellent logiciel ! Le plus grand défi d’Elon Musk est la fabrication de la voiture.

Les constructeurs automobiles possèdent les connaissances historiques, la stabilité et l’expertise industrielle. Les start-ups et les entreprises de pointe disposent elles de l’expertise technique, sont ambitieuses et ont la capacité d’agir rapidement et de s’adapter. Mais les constructeurs automobiles ont besoin des start-ups et des entreprises de pointe pour survivre, et vice versa.  Ils ont tous besoin les uns des autres.

Voici donc le message principal que tous les intervenants du monde de l’automobile avaient à faire passer : « L’unique moyen de réussir est de travailler ensemble ».

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